top of page

L'érosion du sens de la vie : Le lien crucial entre la solitude et le risque de mortalité

  • Photo du rédacteur: Fédération liens sociaux
    Fédération liens sociaux
  • il y a 15 heures
  • 3 min de lecture

La solitude est aujourd’hui reconnue comme un déterminant majeur de la santé, au même titre que certains facteurs de risque biologiques ou comportementaux. Ses effets sur la morbidité et la mortalité sont désormais bien documentés. En revanche, les mécanismes précis par lesquels la solitude impacte la santé restent encore discutés.


Une étude récente publiée dans Social Science & Medicine apporte un éclairage décisif sur cette question. Elle montre que la solitude n’augmenterait pas directement le risque de décès, mais agirait principalement en fragilisant une ressource psychologique centrale : le sens de la vie.

Cette érosion progressive du sens de la vie constituerait le principal vecteur par lequel la solitude raccourcit l’espérance de vie et expliquerait environ 88 % de l'association entre la solitude et le risque de mortalité.


Méthodologie


La recherche a utilisé les données de la Health and Retirement Study (HRS) aux États-Unis, une étude de panel longitudinale représentative.

Caractéristique

Détails

Échantillon (N)

8 351 adultes

Âge moyen

67,9 ans (étendue de 50 à 101 ans)

Période de suivi

11 ans (statut de mortalité)

Mesure de la solitude

Échelle révisée UCLA (11 items)

Mesure du sens de la vie

Sous-échelle de bien-être psychologique de Ryff (7 items)

Décès observés

1 191 (14,26 % de l'échantillon)

Le sens de la vie ("purpose in life") a été défini comme le fait de percevoir sa vie comme orientée par des objectifs personnellement significatifs, auxquels on se sent engagé, et qui donnent une direction à l’existence. Il s’agit d’une composante centrale du bien-être eudémonique. Dans cette étude, le sens de la vie est mesuré à l’aide de l’échelle de bien-être psychologique de Carol Ryff. Les participants évaluent leur accord avec des affirmations telles que :

  • « J’aime faire des projets pour l’avenir et travailler à leur réalisation »

  • « Je suis une personne active dans la mise en œuvre des plans que je me suis fixés »

  • « J’ai un sens clair de la direction et un but dans ma vie »


Le sens de la vie est largement enraciné dans les rôles sociaux, les relations et les contributions perçues à autrui ou à la collectivité. À ce titre, il constitue une ressource particulièrement vulnérable lorsque les liens sociaux se distendent.


Résultats principaux


Plusieurs résultats sont particulièrement frappants.


Premièrement, la solitude est associée à une augmentation significative du risque de mortalité. Mais cette association disparaît presque entièrement dès lors que le sens de la vie est intégré dans le modèle statistique. Autrement dit, le « sens de la vie » agit comme un intermédiaire complet (ou un médiateur) : la solitude érode le sens de la vie et c'est cette perte de sens qui augmente le risque de décès, et non la solitude en elle-même.


Deuxièmement, le sens de la vie explique environ 88 % de l’association entre solitude et mortalité. Autrement dit, la majeure partie de l’effet de la solitude sur le risque de décès transite par l’érosion du sens de la vie.


Troisièmement, ce n’est pas seulement un faible niveau initial de sens de la vie qui importe. C’est surtout sa diminution progressive au fil du temps qui prédit le risque de décès. La solitude semble enclencher un processus d’usure continue du sens, plus délétère qu’un déficit ponctuel.


Enfin, ces résultats restent robustes après ajustement pour la dépression, le névrosisme, l’isolement social et l’état de santé. Les modèles inverses (où la perte de sens précéderait la solitude) existent, mais leurs effets sont nettement plus faibles.


Conclusions et implications pour prévenir la solitude


Le document conclut que la solitude prive l'individu de la "connexion émotionnelle motivée" que procure le fait d'avoir un but.


Points clés à retenir :


  1. Intervention : Pour atténuer l'effet de la solitude sur la santé, il pourrait être fructueux de se concentrer non seulement sur la création de liens sociaux, mais spécifiquement sur la restauration ou le maintien du sens de la vie au niveau individuel et communautaire.


  2. Prévention : Identifier le déclin du sens de la vie chez les personnes âgées souffrant de solitude pourrait servir d'indicateur précoce d'un risque accru de mortalité.


  3. Synthèse finale : La solitude "use" le sens de la vie d'un individu, et cette érosion est l'une des raisons majeures pour lesquelles la solitude raccourcit l'existence.


Source : O’Súilleabháin, P. S., Kirwan, E. M., Fredrix, M., Luchetti, M., Aschwanden, D., McGeehan, M., Sutin, A. R., Terracciano, A., Stephan, Y., & McKenna, G. (2026). Loneliness predicts mortality risk via the erosion of purpose in life. Social Science & Medicine, 393, 119008. https://doi.org/10.1016/j.socscimed.2026.119008



Commentaires


bottom of page